![]() |
|||||||||||||||
| NOUVELLES | FILMS | MULTIMÉDIA | ÉQUIPE | ||||||||||||
| oval > films > la montre fait vraiment tic tac | |||||||||||||||
|
|||||||||||
![]() |
|||||||||||
![]() |
|||||||||||
![]() |
|||||||||||
|
La
montre fait vraiment tic-tac « Parler, c´est parler
de sa propre sexualité.
J´ai su depuis le début que je voulais saisir la chance qui m´était offerte de faire un film très personnel. Je voulais oser regarder en moi-même et laisser de côté autant que possible les contraintes extérieures, comme par exemple la contrainte temporelle. C´est ainsi que j´ai décidé de tourner en partie en Beta, afin de concentrer mon énergie exclusivement sur le contenu, au lieu de chercher à avoir plus de financements pour pouvoir tourner en film. Par ailleurs, le fait de pouvoir tourner plus me semblait prometteur en termes de liberté d´expérimentation. Faire un film personnel, peu commercial, cela ne signifie pas pour moi ne pas penser au « spectateur ». J´ai un besoin réel de communiquer et je cherche à exprimer mes désirs d´une manière qui soit compréhensible pour moi comme pour les autres. Je crois simplement que les choses qui m´intéressent intéressent aussi les autres. Trouver un thème a pris longtemps ; cela n´a finalement été possible qu´après de nombreux détours. Au départ, je voulais faire un film associatif sur « l´œuf ». Au cours de cette recherche, j´ai remarqué que le thème de la sexualité était ce qui m´intéressait le plus dans ce sujet. C´est ainsi que j´ai décidé d´en faire mon thème principal, d´une part « malgré le fait que » et d´autre part « parce-que » je me voyais comme quelqu´un qui a terriblement peur de la sexualité. Mes deux meilleurs amis disant la même chose d´eux-mêmes, j´ai décidé de faire le film avec eux. Avec mes deux amis, nous nous sommes vus et avons mené de longues discussions afin de surmonter nos premières peurs. Les premières discussions avec mon amie furent particulièrement laborieuses, et probablement assez incompréhensibles pour des étrangers. J´ai vite compris qu´une discussion à trois serait plus efficace pour le tournage, et que je devais intervenir non pas en tant que simple intervieweuse mais en tant que véritable interlocutrice, voire en tant qu´amie. Afin de ne pas rester dans l´abstrait, surtout pour un tel thème, je voulais trouver des images expérimentales du corps humain, afin de déplacer le discours sur un autre plan. Des images de la vie de mon amie devaient m´aider à la compréhension de sa personne.
Le tournage a commencé par une première discussion à trois, très riche en contenu et passionnante. Puis nous avons tourné deux semaines au Danemark avec Armgard et deux semaines à Amsterdam avec Max. C´est aussi au cours de ces deux tournages que la cameraman et moi avons filmé les images de corps, de manière très spontanée. Nous partions à l´aventure et nous nous concentrions sur les paysages et les objets que nous trouvions. Nous avons tout de suite rejeté l´idée de tourner ces images en studio, même en partie. Ce travail d´équipe a été pour moi une très belle expérience, car la durée du tournage ainsi que la diversité de nos expériences nous ont vraiment rapprochés. L´équipe Au départ, nous avons surtout rencontré des difficultés liées à la répartition des rôles. Thomas Schlottmann, notre preneur de son, n´osait parfois pas faire de propositions, par peur de trop m´influencer. Bernadette Paassen, en revanche, a pu avoir l´impression que je la laissais de côté. Pour ma part, il m´était difficile de laisser transparaître mes propres incertitudes, que je percevais plus comme destructrices que comme constructives. Vis-à-vis des acteurs, il a pu arriver que nous nous présentions trop comme « une équipe » et pas assez comme « des individus ». Cela a surtout gêné les relations entre Thomas et Armgard, qui se connaissaient avant le tournage. Armgard J´ai également essayé de la suivre 24h/24 avec
la caméra, pour l´habituer. Mais cela n´allait pas
non plus, ce que nous avons remarqué plus tard. Constat : que
la caméra soit là ou non, cela fait une grosse différence.
Il est donc important de distinguer le tournage des périodes
de pause. Avec Argard, c´était un dilemme constant : dans
quelle mesure devais-je ou pouvais-je la mettre dans le bain. J´avais
du mal à me situer entre mes deux rôles – membre
de l´équipe et personnage du film. Max Il y a eu moins de difficultés avec Max. Au début, nous
avons eu de longs débats sur le point de savoir dans quelle mesure
il allait s´ouvrir à la caméra. Mais s´il
montra certaines réticences au cours de la première discussion,
ce ne fut plus le cas pendant le tournage à Amsterdam.
Le travail sur le son consistait à trouver une piste son ou
une musique adéquate pour les images insérées entre
les discussions. Je n´ai pas pu m´entendre avec le premier
compositeur, qui avait une vision du film très différente
de la mienne et dont j´ai dû complètement rejeter
les propositions. Avec Christoph Engelke, qui s´occupait du mixage,nous
avons expérimenté des bruits, fait des tentatives avec
différents musiciens sur des sons que nous avions nous-mêmes
enregistrés, parfois avec des images et parfois sans images,
comme pour de la musique en conserve. Avec le temps, j´ai peu
à peu remarqué à quel point ces images sont sensibles.
Après un mois d´essais, nous nous sommes rendus compte
que nous savions peut-être mieux ce que nous voulions, mais que
nous ne pouvions pas le réaliser nous-même, c´est-à-dire
que nous devions chercher un nouveau compositeur. Cette fois-ci, nous
avons pu convaincre Ulrich Reuter, un musicien que je connais bien,
qui s´est servi de nos enregistrements pour développer
une musique qui, selon moi, s´intègre bien.
|